26 jours à être malade, la peau blanche et les yeux injectés de sang. Le mal rongeant ma peau, l'intérieur de mon Être défleurit.
49 heures à ne pas dormir, à mélanger les paroles et les images. Le mal rongeant mon coeur, l'extérieur de mon teint coloré. Des heures et des heures, passées à regarder les étoiles au travers des immeubles, immenses, imposant dans la nuit leurs contour rectilignes.
50 minutes par semaine à être dans un autre monde. Manier le temps au bout du poignet, à se prendre pour ce qu'on n'est pas. Ces minutes, si courtes, où plus rien n'existe en dehors de vous et moi, sur la piste.
1 nuit pour guérir.
3 mois pour récolter les fruits d'un travail acharné qui m'aura valut critiques et remontrances des reines en ce monde. Du temps, de la patience, de la souffrance, à regarder le soleil briller, l'air caresser vos cheveux, allongés dans l'herbe. Moi en compagnie de mes livres, leurs mots doux sonnant à mes oreilles, leurs histoires, leurs connaissance. Ces soirées à boire mon poison. A fermer les yeux.
75 jours à travailler. Dans le froid, la sueur et le sang. A découvrir l'amitié et l'esprit d'entraide, ce qui manque tellement en ce monde. Pour la première fois, se sentir bien et découvrir une utilité à chaque geste, à chaque regard. Nos yeux s'exprimant davantage que la parole, dans cet endroit assourdissant.
11 personnes. Au détour de quelques errances, j'ai découvert ce que la vie recelait de plus beau, des gens formidables, humains, sensibles. Parmi eux, seuls quelqu'un le sont restés, courageux. Je ne savais pas qu'au milieu d'elles, une unique lueur se détachait. Je la voyais sans comprendre, tétanisé par l'envie et l'absence de confiance.
7h48 du matin. Voici l'heure fatidique. Combien de jours ai je vu ces chiffres, figé dans le temps, devant moi.
30.10.2009. Mon année commence réellement, le temps s'écoule enfin. Quel plaisir de s'y laisser enfin couler, heureux.

